Tara Pacific 2016-­2018

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Des laboratoires du Centre Scientifique de Monaco aux perspectives scientifiques de l’expédition. 

Partie en mai 2016 de Lorient, la goélette scientifique Tara parcourt l’Océan Pacifique d’Est en Ouest et
du Sud au Nord pour tenter de dévoiler la biodiversité des récifs coralliens. Le nouveau trésor de
données qu’elle collecte durant ces deux années d’expédition n’est autre qu’une immense et inédite
bibliothèque de 40.000 échantillons qui va permettre de réaliser la première étude globale, à l’échelle
d’un océan, des récifs coralliens.

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Initiée par la Fondation Tara Expéditions et coordonnée sur le plan scientifique par le CNRS, le Centre
Scientifique de Monaco et Paris Sciences et Lettres, cette expédition va permettre d’étudier un écosystème
essentiel à l’équilibre de l’océan. La biodiversité qu’abritent les récifs représente environ 30% des espèces
marines, dans moins de 0,2% de la surface totale des océans. Véritables oasis écologiques et biologiques, ils
sont indispensables à la vie de plus de 500 millions d’humains. Particulièrement menacés par le réchauffement
et les changements globaux, ils constituent d’importants indicateurs de l’état de santé de nos océans.

L’approche moléculaire, cellulaire, physiologique et microbiologique du CSM.

« Tara Pacific, ce sont 70 chercheurs issus de 22 laboratoires du monde entier qui rassemblent leurs expertises
pour étudier ce fabuleux écosystème et constituer un état des lieux pour les générations à venir »
 explique
Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Expéditions. La contribution du CSM est majeure :
depuis près de 30 ans, il développe des méthodes de culture en conditions contrôlées encore uniques au monde
et des outils d’analyse du gène à l’écosystème. « Parmi les coraux que nous cultivons, 3 espèces sont
précisément étudiées au cours de Tara Pacific. L’analyse de leur génome, grâce au séquençage de l’ADN mené
par le Génoscope, servira de référence, pour tous les récifs étudiés, tout au long du parcours de Tara. Nous
allons pouvoir faire bénéficier d’une longue expertise à de nombreux laboratoires »
 explique Denis Allemand,
directeur du CSM.

Le corail à remonter le temps et l’histoire de l’océan.

Avec le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE), le CSM va plus particulièrement
étudier la dynamique de croissance des coraux constructeurs de récifs et l’évolution des conditions
environnementales depuis un siècle, grâce à la technique du carottage. Comme les arbres, les coraux stockent
dans leur squelette d’importantes informations sur leur environnement. Pour pouvoir lire ces informations, une
carotte cylindrique est prélevée dans le squelette d’une colonie massive de corail, mesurant jusqu’à 1m de long
et offrant environ 100 ans de l’histoire de l’océan : température de l’eau de mer, salinité, ensoleillement du récif,
ou encore pH de l’eau. La vitesse de croissance de la colonie corallienne, grâce à la mesure des « cernes du
corail », c’est‐à‐dire l’épaisseur des bandes de croissance au cours du temps, détermineront si celle-ci est stable,
en augmentation ou en diminution.

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Etablir l’état de santé des colonies coralliennes à l’aide de biomarqueurs.

Les organismes vivants confrontés à un stress (chaleur, pollution,…) mettent en place des stratégies pour
s’adapter et survivre. Au niveau cellulaire, la réponse passe par l’activation de signaux qui induisent une
modification de type génétique. Le département de biologie médicale du CSM en collaboration avec l’équipe «
Symbiose » de l’UMR Évolution Paris Seine va analyser la nature et l’intensité de ces signaux intracellulaires.
Ces données seront corrélées avec les conditions environnementales enregistrées au moment du prélèvement et
serviront de biomarqueurs de l’état de santé des coraux. Les chercheurs analyseront ainsi plusieurs marqueurs
moléculaires et des processus biologiques de réponse aux stress environnementaux qui n’ont encore jamais été
étudiés chez les coraux.

Modéliser l’avenir des récifs et leurs réactions aux changements.

Selon les zones où ils auront été prélevés, les échantillons permettront de comprendre les réponses du corail
aux perturbations telles que les pollutions anthropiques, le réchauffement climatique, la sédimentation… Une telle
comparaison ‐ qui n’a encore jamais été réalisée à cette échelle ‐ devrait permettre de prédire les capacités de
résistance et de résilience aux changements environnementaux des récifs coralliens.

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Du corail à la santé humaine : un précieux modèle pour mieux comprendre le vieillissement et ses pathologies.

Le corail offre un terrain d’étude particulièrement intéressant pour l’étude du vieillissement et des pathologies
liées à l’âge car ce sont des animaux qui combinent une extraordinaire capacité de régénération tissulaire et de
résistance au stress à une extrême longévité. Les extrémités de chromosomes ‐ appelées aussi télomères ‐
jouent un rôle clef dans le vieillissement normal et pathologique de nombreux organismes y compris l’espèce
humaine. Leurs rôles dans les capacités d’adaptation et l’extrême longévité du corail sont encore inconnus.

Les chercheurs de l’Institut de Recherche sur le Cancer et le vieillissement de Nice (IRCAN) tenteront de
comprendre si des variations télomériques du corail sont liées aux changements environnementaux et si elles
dépendent ou non de la richesse de la biodiversité observée au sein de son écosystème ou de son « univers
microbien » (microbiotes). Ces recherches permettront aussi de découvrir de nouveaux mécanismes biologiques
contrôlant la résistance au stress et ainsi de pouvoir les transposer en médecine humaine pour prévenir et
soigner les maladies liées à l’âge, comme les cancers, les maladies neuro‐dégénératives, le diabète et les
maladies cardio‐vasculaires.

Conf presse CSM-Tara Pacific 27-06-17

Un engagement fort de la Fondation Prince Albert II de Monaco.

Au côté des instituts de recherche, de la Fondation Tara Expéditions et ses mécènes, la Principauté de Monaco
s’est fortement investie dans ce projet à travers la Fondation Prince Albert II. « Notre partenariat ne se réduit pas
à un simple soutien financier. C’est avant tout une relation de confiance qui s’est consolidée durant près de 10
années d’échanges et qui a permis de proposer ensemble des solutions techniques et politiques aux grand
enjeux des océans » explique Philippe Mondielli, directeur scientifique de la Fondation du Prince Albert II de
Monaco.

Contacts presse 

CSM : Prof. Denis Allemand : allemand@centrescientifique.mc
Tel. +377 97 77 44 54 

Fondation Tara Expéditions : Elodie Bernollin : elodie@taraexpeditions.org
Tel. + 33 695 73 26 88

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