LES CONTES D’HOFFMANN

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Opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue
Musique de Jacques Offenbach (1819-1880)

Production Opéra de Monte-Carlo
Livret de Jules Barbier d’après la pièce écrite en 1851 par lui-même et Michel Carré, elle-même inspirée de trois contes fantastiques d’Ernst Theodor Amadeus Hoffmann
Création : Opéra-comique, Paris, 10 février 1881
Création de la version Gunsbourg (avec acte de Venise) : Opéra de Monte-Carlo, 25 février 1904

108-LES CONTES D'HOFFMANN © Opera de Monte-Carlo 2010 (11)

Opéra fantastique en un prologue, trois actes et un épilogue

Génial testament parcellaire, Les Contes d’Hoffmann exhale un parfum sensuel et morbide à la fois.                   Le 5 octobre 1880, Offenbach meurt alors que son opéra inachevé est en pleine répétition à l’Opéra-Comique. Après avoir fait rire aux larmes et s’être malicieusement moqué de la bonne société du Second Empire, Offenbach allait dévoiler autre chose de lui. Son rêve était d’être reconnu comme un compositeur d’opéra talentueux et profond.

Pour autant, il ne s’agissait pas de devenir un autre – ses aspirations ne l’avaient jamais quitté – mais plutôt, à l’approche de la mort, d’exprimer une part de ses tourments intimes au travers son double, le poète Hoffmann. Lorsque celui-ci doit, au bout de ses illusions, renoncer à l’amour absolu afin de se dédier à son art, c’est bien Jacques Offenbach qui nous parle.
Tout au long de son histoire, l’Opéra de Monte-Carlo a noué des liens charnels avec les Contes : la création en 1904 de l’acte de Venise sur la scène monégasque est de ces événements qui marquent un siècle d’opéra. Avec le retour de la production signée Jean-Louis Grinda, une nouvelle distribution aussi prestigieuse qu’inédite écrira un nouveau chapitre de cette riche histoireDESSIN 2

 

Quand Jacques Offenbach s’éteignit, en 1880, à l’âge de soixante et un ans, il emportait avec lui la clef d’une énigme vraisemblablement irrésolue à jamais : la forme véritable qu’il voulait donner à son ultime opéra, Les Contes d’Hoffmann. Depuis huit ans, il caressait le projet de cet « opéra fantastique » unique en son genre et dans son oeuvre : pour la première fois il ne travaillait pas sur commande, avec des chanteurs précis en tête ou dans le but de marquer des points sur ses rivaux directs dans la veine comique, tels Charles Lecoq ou Hervé ; il puisait au fond de ses failles intimes, dans des zones d’ombre soigneusement cachées au public de ses opérettes, l’inspiration d’un ouvrage aux échos autobiographiques certains. Cet opéra constituait son ultime chance, il le savait bien, d’être reconnu comme auteur d’ouvrages sérieux. Les Contes d’Hoffmann fut son entreprise la plus ambitieuse, la plus chérie, mais la maladie eut raison d’un corps éreinté et il n’en vit pas la réalisation.108-Les Contes d'Hoffmann vus par David Belugou 1
Inspiré de nouvelles d’Ernest Theodor Amadeus Hoffmann (L’Homme au sable, Le Violon de Crémone
et Le Reflet perdu), l’opéra met en scène le poète allemand dans trois histoires d’amour successives – la
passion insensée pour la poupée mécanique Olympia, l’amour sincère mais impossible pour la cantatrice
Antonia et l’idylle sulfureuse avec la courtisane Giulietta. Chacune de ces histoires forme un acte, le tout
est encadré d’un Prologue et d’un Epilogue où l’on voit Hoffmann attablé dans une taverne, attendant son
dernier amour en date, la prima donna Stella. Cette dernière se révèle être la combinaison des trois femmes
rêvées, et Offenbach avait souligné cet aspect en confiant les quatre rôles à une même chanteuse, Adèle Isaac
(toutefois, rares sont les chanteuses à pouvoir relever le défi : il y a un monde entre les acrobaties vocales
d’Olympia et le chant capiteux de Giulietta…). Devant le bonheur d’Hoffmann se dresse inévitablement
un ennemi aux visages multiples, mais à l’identité unique : Lindorf, Coppélius, le Docteur Miracle et
Dapertutto sont autant d’incarnations du diable, et furent eux aussi interprétés, à la création, par un même
chanteur, la basse Alexandre Taskin – comme c’est toujours l’usage aujourd’hui. Quatre personnages
comiques – Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio – flanquent les incarnations diaboliques, également
confiées à un ténor unique (trial ou haute-contre).DESSIN3
Ce chef-d’oeuvre ultime, nous n’en connaîtrons jamais le véritable visage. Non seulement Offenbach
laissait, en mourant, l’ouvrage inachevé ; mais en plus, des sources contradictoires allaient s’offrir à la
postérité, vestiges d’une genèse mouvementée. Cela ferait de toute exécution un véritable casse-tête. Au fil
des recherches et de l’apparition de nouvelles sources, quelques certitudes se sont dégagées ; mais le puits
des questions reste sans fonds. Des habitudes ont été prises, auxquelles il est difficile de renoncer : on sait
aujourd’hui que l’air de Dapertutto « Scintille, diamant » et le finale de l’acte de Giulietta sont apocryphes,
mais qui voudrait s’en priver ? Chacun se forge donc « ses » Contes d’Hoffmann, et la vérité réside quelque
part au milieu des multiples versions, sous la forme d’un joyau fascinant et inatteignable.AFFICHE

OPÉRA DE MONTE-CARLO – SALLE GARNIER
LUNDI 22 JANVIER 2018 – 20H (GALA)
JEUDI 25 JANVIER 2018 – 20H
DIMANCHE 28 JANVIER 2018 – 15H
MERCREDI 31 JANVIER 2018 – 20H

 

Direction musicale Jacques Lacombe : symphonique de Trois-Rivières, le Québécois Jacques Lacombe a été récemment nommé directeur musical et artistique de l’Orchestre symphonique de Mulhouse, où il prendra ses fonctions en septembre 2018. De 2010 à 2016, il fut directeur musical du New Jersey Symphony Orchestra et, de 2002 à 2006, premier chef invité de l’Orchestre symphonique de Montréal après avoir été directeur musical de l’Orchestre national de Lorraine. Il a collaboré avec les orchestres de Boston, Cincinnati, Toronto, Vancouver,
Melbourne, l’Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande et plusieurs grands orchestres européens. Invité régulier de la Deutsche Oper de Berlin depuis 12 ans, il a également dirigé au Metropolitan Opera de New York, au Teatro Regio de Turin, à la Staatsoper de Bavière, aux opéras de Liège, Philadelphie et Vancouver, ainsi qu’à l’Opéra de Monte-Carlo (La Chauve-Souris, Jenůfa, Turandot, Les Contes d’Hoffmann, La Favorite et Lady Macbeth de Mtsensk).
Mise en scène Jean-Louis Grinda : La mise en scène de Jean-Louis Grinda se veut sobre et inventive. Axés sur le thème récurrent dans l’opéra du XIXème siècle, Les contes d’Hoffmann retrace l’histoire d’un héros aux prises avec le Mal. En jouant sur la verticalité et la profondeur, Jean-Louis Grinda place le public au coeur d’une taverne où le poète Hoffmann noie dans l’alcool amours et inspirations perdues.
Décors & lumières Laurent Castaingt : Depuis plus de 30 ans, Laurent Castaingt partage ses activités entre théâtre et opéra. Il a créé des lumières notamment avec Alfredo Arias, Bernard Murat, Jean-Claude
Berutti, René Loyon, Hideyuki Yano, Roman Polanski, Alain Delon, Gérard Desarthe et François Marthouret, Sylvie Testud, Pierre Ascaride, Stephan Grögler, Michèle Bernier, Vincent Delerm, Jean-Claude Auvray et Jean-Louis Grinda. Ses recherches ont donné lieu à l’installation Ecorces vives (festival Arbres et Lumières de Genève) ainsi qu’à Planet of Vision (Exposition universelle de Hanovre 2000). Il crée aussi les scénographies de spectacles de Jean-Louis Grinda (Les Contes d’Hoffmann), Elsa Rooke (Midsummernight’s Dream) et Marguerite Borie (Salomé à Monte-Carlo, Liège et Vienne, Reigen à Paris). Laurent Castaingt a réalisé à Monte-Carlo
les lumières d’une vingtaine d’opéras, dernièrement La Traviata, Amica, Don Giovanni, L’Or du Rhin,
Ernani, Pagliacci, Le Joueur et Tannhäuser. Il a reçu trois nominations au Molière de la meilleure lumière.
Costumes David Belugou : Né à Paris, élevé à Montpellier, David Belugou débute comme assistant de Pier Luigi Pizzi à l’Opéra de Paris. Après une formation à la Chambre syndicale de la Couture, un détour dans la joaillerie (Cartier, Harry Winston) et l’illustration (Vogue), il signe à 25 ans ses premiers décors et costumes. Depuis lors, il partage sa vie entre le théâtre, la comédie musicale, le cirque, le music-hall, l’événementiel et la télévision. Le répertoire lyrique lui est tout aussi familier avec Giulio Cesare, Eugène Onéguine, La Navarraise, Mazeppa, Duello amoroso et L’Homme de la Mancha à Monte-Carlo, des productions à Los Angeles, Marseille, Liège, Fribourg et enfin, avec Michel Fau (dont il a signé par ailleurs les costumes de 18 productions théâtrales) : Madame Butterfly, Tosca, Eugène Onéguine, Così fan tutte, Rigoletto, Ciboulette à l’Opéra-Comique et
Dardanus à Versailles. Il a conçu le décor et les 800 costumes pour la tournée mondiale du Lido, des
vitrines animées pour les Galeries Lafayette, le décor d’un défilé haute-couture de Dior au Louvre…
Chef de choeur Stefano Visconti : Né à Livourne en 1960, Stefano Visconti, a étudié le piano, puis la direction de choeur avec Fosco Corti et Roberto Gabbiani et la direction d’orchestre avec Piero Bellugi et Giancarlo Andretta. Il est chef de choeur à l’Opéra de Monte-Carlo depuis 2007. Il a été auparavant chef de choeur au Théâtre de Livourne (1991-2001) et directeur des choeurs à l’Opéra-Théâtre d’Avignon (2001-2007), tout en étant chef de choeur au Festival Puccini de Torre del Lago depuis 1999. Depuis 1984, il dirige le Choeur polyphonique Guido-Monaco de Livourne, qui a remporté différents prix et s’est étoffé d’une maîtrise et d’un choeur de jeunes. En 2000, il a fondé le Choeur de chambre de Toscane, formé de professionnels. Il a mené la reconstitution de l’intégrale de l’oeuvre sacrée pour solistes, choeur et orchestre de Giuseppe Cambini. Il a réalisé plusieurs enregistrements chez Foné, Agora et Kikko Classic, notamment d’opéras de Mascagni à Berlin.
JUANHoffmann Juan Diego Flórez Juan Diego Flórez, est né à Lima et s’est produit très tôt dans la musique péruvienne et le rock. À l’âge de 17 ans, il commence ses études musicales au Pérou et a obtenu trois ans plus tard une bourse pour étudier le chant au Curtis Institute de Philadelphie. En 1996, il fait ses débuts officiels au festival Rossini de Pesaro, remplaçant au pied levé l’interprète du rôle de Corradino dans Matilde di Shabran. Sa voix expressive et son étonnante agilité ont fait sa réputation et l’ont mené à ses débuts à La Scala de
Milan en ouverture de la saison 1996-97, à l’âge de 23 ans seulement, sous la direction de Riccardo Muti. Depuis lors, il s’est produit sur les scènes les plus prestigieuses et sous la direction des plus importants chefs dans le monde entier. Il a enregistré de nombreux albums solos ainsi que des opéras en CD et en DVD, et a reçu de
nombreux prix et distinctions. En 2011, il a créé Sinfonía por el Perú, projet social dans son pays natal
afin d’aider les enfants et adolescents défavorisés à travers la musique. Dans ce cadre, il a été nommé
ambassadeur de l’UNESCO (2012) et il a reçu le Crystal Award au Forum économique mondial (2014

 

108-Olga Peretyatko ©DR
Olympia / Antonia / Giulietta / Olga Peretyatko (Peretiatko) est née à Saint-Pétersbourg, où elle a fait ses études musicales avant de se perfectionner à Berlin. Sa carrière a éclaté avec le rôle-titre du Rossignol de Stravinsky, dans la mise en scène de Robert Lepage, à Toronto en 2009 (production reprise au Festival d’Aix-en-Provence, à Lyon, New York et Amsterdam). Elle a ensuite fait ses débuts sur les plus grandes scènes : Staatsoper de Vienne, Arènes de Vérone, Opéra de Zurich, Festival de Salzbourg, Metropolitan Opera de New York, Scala de Milan, Staatsoper et Deutsche Oper de Berlin, Festival Rossini de Pesaro, se faisant partout réinviter. En 2016 et 2017, elle a fait ses débuts à l’Opéra-Bastille, aux Chorégies d’Orange, à Covent Garden (Londres), tout en faisant de nombreuses prises de rôles. Le 14 juillet 2014, elle a chanté devant 600 000 personnes à la tour Eiffel. Elle est sous contrat exclusif chez Sony Classical, qui vient de publier son quatrième album, Russian Lights.

Stella Olga Peretyatko – Lindorf / Coppélius / Dr Miracle / – Capitaine Dapertutto Nicolas Courjal
Nicklausse Sophie Marilley – Andrès / Cochenille / Frantz / – Pitichinaccio Rodolphe Briand
Nathanaël Marc Larcher – Hermann / Schlemil Yuri Kissin – Luther Antoine Garcin
Spalanzani Reinaldo Macias – Crespel Paata Burchuladze- La Mère d’Antonia Christine Solhosse
CHOEUR DE L’OPÉRA DE MONTE-CARLO – ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO

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